Au départ j’ai cru qu’il s’agissait d’une pub du parti communiste.
J’imaginais Marie George Buffet, un peu honteuse, nous annonçant qu’elle avait une carte du PC mais chut il faut pas le répéter.
C’est sûr qu’être la patronne d’un parti qui trouve « globalement positif » le bilan d’un communisme qui a fait périr 60 millions de personnes sur les 4 continents, y a pas de quoi se vanter auprès des voisins.
Mais non, en fait il s’agit de notre bon vieux Personal Computer, qui apparemment a lui aussi un bilan « globalement positif » à mettre en avant.
Ne nous attardons pas sur la forme délicieusement ringarde (la petite musique d’intro digne de la lessive bonux) de la réclame, passons directement au fond.
« Etre et avoir » : « je suis PC » signifie « j’ai un PC », c'est-à-dire :
J’ai un PC qui plante dès que j’active deux applications différentes.
J’ai un PC qui me coûte une fortune en antivirus.
J’ai un PC qui met 5 minutes à démarrer.
J’ai un PC qui demande des releases Windows ruineuses, dépourvues de toute nouvelle fonctionnalité un tant soit peu utile et qui singent les progrès de mes concurrents, en plus moche (voir l’ergonomie flashy et vulgaire de Vista).
J’ai un PC diffusé dans des pubs qui mettent en avant des fonctionnalités existantes sur Mac depuis Mathusalem.
J’ai un PC pas joli parce que conçu par des ingénieurs qui ne pensent pas à des détails aussi futiles
J’ai un PC qui ne démarre même plus du tout au bout de 3 ans
Alors oui effectivement, je comprend le sens de la pub, « Je suis PC mais chut », ne le répétez pas, j’ai peur qu’on me jette des cailloux…
Tourné en 1988 par Ridley Scott, le spot pour le parfum Fahrenheit est à mes yeux la meilleure publicité jamais réalisée.
Le scénario (un homme qui marche dans un infini surplace sur un ponton de plage et qui au bout de sa course est revenu sur ses pas, découvrant un désert sans limite), le montage, les couleurs psychédélique, la musique planante et mystérieuse réussissent à créer en seulement 30 secondes une atmosphère onirique, un climat d'inquiétante étrangeté toute lynchienne, à nous transporter de la pub au cinéma.
LVMH (le proprio de Dior) ne s'y est pas trompé en confiant en 2004 à David Lynch le soin de livrer une variante verticale de la publicité mythique, en collaboration avec Hedi Slimane. L’univers du cinéaste est en parfaite harmonie avec celui du parfum : l’infini, l’imaginaire, le fantastique faisant irruption dans le réel. L’univers du cinéaste est en parfaite harmonie avec celui du parfum : l’infini, l’imaginaire, le fantastique faisant irruption dans le réel.Petits changements dans la continuité, le résultat est beau mais reste en dessous de l'original.
Hedi Slimane reprend seul le flambeau en 2007 pour concevoir une version épurée, mystique, presque métallique de la publicité pour Fahrenheit 32 (c'est à 32°Fahrenheit (notre 0°Celsius) que l'eau devient glace). Le ton est plus personnel et innovant (multiplicité des mannequins, tons blancs), à l'image du parfum qui change de fragrance et de flacon mais les codes (la musique, l'infini, le mystère) demeurent.
Grand come back stylistique en 2009 avec Fahrenheit absolute qui colle à l'original dans une version sombre et volcanique.
L'original : La Plage, Ridley Scott (1988)
L'ascenseur : Fahrenheit by Dior, David Lynch (2004)