dimanche 19 décembre 2010

The American // Anton Corbjin


Le photographe Anton Corbjin, surtout connu pour son travail de photographe (autour notamment du groupe de rock Joy Division), réalise avec The American son deuxième long-métrage.
George Clooney y interprète un tueur à gages fatigué qui cherche à passer la main.

Le film s'ouvre sur un beau prologue, glacial dans tous les sens du terme. 
Pris dans une embuscade dans la forêt suédoise, George Clooney élimine ses homologues mais aussi sa maîtresse qui a démasqué la véritable profession de son amant.
Au terme d'un générique majestueux (la traversée d'un tunnel dans la nuit par la voiture de Clooney), notre assassin cherche à se faire oublier dans les Abruzzes.
Il accepte une dernière mission de son "manager" : la confection d'une arme parfaite pour le compte d'une femme aussi mystérieuse que séduisante, et manifestement très au faîte des techniques en homicide.
L'apparente détermination du tueur à gages, derrière laquelle on sentait déjà poindre la lassitude, est ébranlée par la rencontre d'une belle prostituée et d'un prêtre perspicace.
Le "héros" finit par baisser la garde et envisager une nouvelle vie.
Bien entendu, cette soudaine faiblesse pourrait lui être fatale, et il ne tarde d'ailleurs pas à retrouver à ses trousses de nouveaux prédateurs armés jusqu'aux dents.

Malheureusement, Corbjin ne parvient pas à tenir les promesses du début du film. Malgré d'indéniables qualités formelles, le film ne convainc pas, comme si la mélancolie du personnage principal contaminait le spectateur jusqu'à le faire sombrer dans un ennui triste et désillusionné.

Dommage.


Film américain d'Anton Corbijn avec George Clooney (1 h 43.)

Un baiser, s'il vous plaît // Emmanuel Mouret


"Un baiser, s'il vous plaît", 4ème film d'Emmanuel Mouret, est un ravissement.
Comédie sentimentale aux confins de Rohmer et de Woody Allen, voila un film de facture très française qui prouve que notre cinéma peut se promener avec bonheur dans ce genre a priori dominés par les anglo-saxons.

Cette mise en scène du conflit entre la raison et la passion est remarquablement interprétée (Julie Gayet, Virginie Ledoyen et Emmanuel Mouret) et servie par des dialogues délicieusement désuets et la musique de Schubert, personnage à part entière.

Un film tout à la fois drôle, cultivé, intelligent, loufoque et très attachant.

jeudi 16 décembre 2010

Guillaume Amat // Nébuleuse

Belle série sur une plage nimbée de souvenirs d'enfance du jeune et talentueux photographe Guillaume Amat, exposé à la Galerie Particulière.

En avril 2007 dans un silence capitonné, la mer disparut, comme évaporée, ne laissant place qu’à des fantômes de pierre. Ces vestiges de la Seconde Guerre Mondiale, les Blockhaus, lentement digérés par les marées deviennent comme des refuges menaçants au milieu d’un désert inconnu. Un vent lancinant balaye la côte et enveloppe des silhouettes lointaines. Au large on entend le son sourd d’une corne de brume comme la rumeur de la vie en un seul murmure. Les gens semblent se perdre dans un décor à la fois paisible et menaçant où l’immensité du paysage étouffe.
Le projet “Nébuleuse“ s’inscrit dans une réflexion sur la question du patrimoine de la Seconde Guerre Mondiale, le littoral français ainsi que sa conservation.
Sous forme de proposition photographique je cherche à rendre compte des mélanges et souvent des conflits entre la main de l’homme et la main de la nature.

Three Ladies, 2007

Mountain#1, 2009
Blockhaus#2, 2007

Great Coast Beach, 2007
The Devil Bridge, 2007

Dust Coast, 2008